Expo Ai Weiwei au Jeu de Paume #LTAWW





Pas de visite privée cette fois mais une visite un peu spéciale tout de même puisque j’ai eu l’occasion de participer au livetweet de l’expo organisé la semaine dernière par le service de communication du musée du Jeu de Paume.

L’idée était donc de partager en direct sur Twitter notre visite, en postant nos photos et nos impressions accompagnées du hashtag #LTAWW (pour LiveTweet Ai WeiWei).

En échange, nous bénéficions d’un laissez-passer et d’un badge « prises de vue » ; j’en ai donc profité pour vous ramener un petit échantillon de ce que présente cette exposition consacrée à ce célèbre architecte/photographe/critique social de la scène artistique indépendante chinoise.


Selfportrait, Caochangdi 2001


Avec ce premier montage, le ton est donné : Ai Weiwei est un artiste provocateur et engagé.

Entre 1983 et 1993, il vit à New York et se tisse un réseau de relations très dense.
Il lance des performances artistiques, crée de l’art conceptuel et joue un rôle majeur au sein d’un collectif d’art expérimental.

Il prend également énormément de photos de la misère, des sans abri, des manifestations en faveur des droits de l’homme.. mais aussi de ce qui l’entoure, de son quotidien.
En dix ans, il accumule plus de 10 000 photos, qui ne seront développées qu’à son retour à Pékin. La première salle de l’exposition présente une grande partie de ses clichés new yorkais.


Coney Island, 1987

Coney Island, 1987

Clinton

Clinton at his last campaign stop in NYC 1992

Ai Weiwei quitte New York en 1993 pour se rapprocher de son père malade.
Il continue de pratiquer une photographie de type documentaire, saisissant les moindres mouvements de sa nouvelle vie à Pékin, en prenant partie de montrer les multiples aspects de la réalité urbaine et sociale de la Chine.

Ses photographies témoignent du capitalisme anarchique qui se développe dans son pays et des contradictions de la modernité.

Tout à la fois architecte, sculpteur, photographe, blogueur et adepte des nouveaux médias, Ai Weiwei devient rapidement l’un des artistes majeurs de la scène artistique indépendante chinoise, produisant une œuvre prolifique, iconoclaste et provocatrice.


Provisional Landscapes, 2002-2008

Provisional Landscapes – Paysages provisoires, 2002-2008


Cette série réalisée dans diverses villes de Chine, dénonce la destruction des vieux quartiers au nom du progrès.
Depuis 1949, l’État est propriétaire de toute les terres du pays, ce qui lui permet de construire et aussi de démolir sur d’immenses étendues sans être tenu de négocier avec les propriétaires.
Du jour au lendemain, des siècles d’histoire et de patrimoine culturel sont ainsi détruits pour ouvrir la voie au « progrès ».


Beijing airport terminal 3, 2002-2007

En préparation des jeux olympiques de 2008, Pékin a connu de profonds bouleversements.
Pour accueillir les visiteurs qui allaient affluer du monde entier, un nouveau terminal aéroportuaire a été prévu ; conçu par Norman Foster, sa construction a commencé en 2004.
A l’époque Ai Weiwei suivait la construction du Stade Olympique en sa qualité de consultant artistique, et il a proposé de documenter aussi l’évolution du projet de Foster.


Fairytales portraits, 2007

Fairytales portraits – Portraits de conte de fée, 2007

C’est l’une des installations les plus marquantes de l’exposition.

En 2007, Ai Weiwei est invité à participer à la documenta 12, l’une des plus importantes expositions d’art moderne et contemporain au monde, qui se tient à Kassel en Allemagne.
Pour l’occasion, Ai se lance dans un de ses projets artistiques les plus ambitieux sans doute par sa complexité et par ses multiples aspects qu’il met en jeu.
La pièce maitresse consiste en effet à faire venir à Kassel 1001 chinois dans une sorte d’installation vivante conçue comme un canal d’échange culturel.

En Chine il est extrêmement difficile d’obtenir un passeport et encore plus un visa pour se rendre à l’étranger ; pour la plupart des gens issus de milieux modestes, une telle idée relève donc du « conte de fée » que d’une réalité.
Pour ce projet, Ai Weiwei a recruté des concitoyens de toutes conditions originaires de plus d’une 20aine de province de Chine : ouvriers, agriculteurs, membres de minorités, gendarmes, gardiens de prison, artistes, étudiants, enseignants, etc..

Chacune de ces personnes a été photographiée et interviewée en Chine à proximité des ambassades où elles devaient effectuer leurs démarches administratives. Dans ces portraits, l’angoisse et l’espoir se lisent sur leurs visages.


7 frames

7 frames, 1994

Dropping a Han Dynasty Um

Dropping a Han Dynasty Um – Laisser tomber une urne de la dynastie des Han, 1995.

Serie study of perspective, 1995-2010

Serie study of perspective – Etude de perspective, 1995-2010



Ces doigts d’honneur invitent le spectateur à remettre en question le respect qu’il témoigne envers toute les formes de pouvoir établi, qu’il s’agisse de gouvernements ou d’institutions, de beaux paysages ou de hauts lieux culturels.


Cellphone photographs, 2009-2010

Cellphone photographs, 2009-2010

A partir de 2005, Ai tient un blog, que les autorités chinoises interdisent en 2009, sous prétexte qu’il contenait des critiques du gouvernement.
Un petit nombre des deux cent mille photographies que contiennent ses archives sont présentées sur des écrans de télévisions, sur certains on peut également lire certains de ces courts billets.

Le 3 avril 2011, il est placé en détention par les autorités chinoises. Il est libéré sous caution le 22 juin mais à ce jour, il est toujours interdit de sortie du territoire.


Tanning letter on chest, 2001

Tanning letter on chest, 2001

C’est la première fois en France qu’une exposition est consacrée à ce grand artiste chinois.
J’espère qu’avec cet article je vous aurais donné envie de vous déplacer car les installations sont vraiment riches et réussies.

Sachez que le billet d’entrée (8,50 euros) vous permettra de visiter également l’exposition qui présente les photographies de l’américaine Berenice Abbott, qui fut notamment le professeur de Diane Arbus.
Le style est tout autre mais les clichés présentés sont tout aussi riches et intéressants.

Oh et elles prennent fin ce dimanche donc ne tardez pas!


Ai Weiwei : Entrelac
jusqu’au 29 avril 2012

Du mercredi au dimanche, de 11h à 19h.

Jeu de Paume
1 place de la Concorde, 75008 Paris
M° Concorde

Merci encore au Jeu de Paume pour cette chouette initiative.
N’hésitez pas à suivre le compte du musée sur Twitter : @jeudepaumeparis

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